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Un jour, une oeuvre

Programmation culturelle de Cyclone le studio

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Mes choix professionnels se sont souvent déterminés à partir d’intuitions et d’affinités électives, mais celles-ci à n’en pas douter ont croisé des obsessions, des interrogations, des ambitions, et du désir pour ce même goût immodéré d’embarquement, physique et mental, et l’exaltation que le voyage promet.
Mon port d’attache, Cyclone Le Studio, a lui aussi poursuivi une quête, rythmée par une scansion de constructions et de transformations fondée sur mes différentes activités et d’ un principe récurrent lié à mes occupations de production cinématographique… le retour de voyage.
Cette incessante métamorphose est devenue le paradigme des lieux, elle a progressivement révélé son destin qui jusqu’ici différait son éclosion, sa lisibilité.
Sorti de ce long voyage, il fallut convenir d’un équilibre économique, d’un partage des plaisirs et des activités qui puissent subvenir à ses ambitions.
Ce lieu si personnel, presque intime, est devenu un endroit de rendez-vous bien parisien, où se succèdent et se mêlent des mondes très différents, la mode et les médias, l’industrie et les services, la recherche. Ils accostent et se déploient. Puis repartent.
2013/14 fut cette dernière étape de transformations, dont l’ambition fut de parachever l’écrin d’une scène éphémère consacrée à promouvoir des œuvres, et à en produire certaine, l’occasion d’événements qui leurs sont consacrés. 

Patrick Sandrin, mai 2022

2023

MERCREDI 22 MARS 2023 - Narni, Italie
Projection du film de Patrick Sandrin | Sur le fil de Diane

Le titre du film convoque une arborescence de sujets dont celui que l’on nomme communément «œuvre d’art ». L’assemblage de ces deux mots me renvoie au cloisonnage entre les différentes pratiques et disciplines, et leurs familles d’appartenance, celle de l’art ou celle de l’artisanat d’art. Le film confond cette partition trop souvent convenue, car si l’œuvre est le fruit d’une attitude d’artiste, l’attitude est un art où s’accomplit l’œuvre… Diane de Clercq en est le sujet. L’histoire de cette autodidacte de la maille est passionnante, elle révèle un talent, un goût et un style, une ascèse de travail, mais aussi une humanité singulière, exemplaire dans son rapport à l’altérité. Plus précisément avec ce monde du travail, ces femmes ouvrières de la maille com - plices d’une ambition technique et esthétique. Ces rencontres qui semblaient convoquées par des hasards, ont fabriqué, tracé une destinée. Une somme de circonstances aussi heureuses que pro - ductives n’arrive qu’aux esprits préparés. Diane de Clercq a imaginé son œuvre dans un art appliqué, et cet art s’accorde parfaitement à l’idée qu’elle se fait des relations entre son travail et la vie, un devoir et un partage. Une mission qui associe des femmes de cultures sociales et d’ex - périences de vie très différentes, dans une envie commune, s’ac - complir, socialement, professionnellement, dans l’harmonie des traditions cultuelles italiennes. Elles sont investies d’une foi indispensable pour accomplir les œuvres qu’elles produisent. Elles y ont trouvé du sens pour s’y consacrer et transcender les bases de leur travail technique. Elles se sont accordées autour d’une utopie, le beau et l’excellence tech - nique; un goût, une attitude, mais aussi un devoir de transmission, une façon de pérenniser ce génie très italien dont elles ont hérité. Art et artisanat, Diane de Clercq associe ces deux notions qui fondent ce génie. Elle perpétue à sa façon, l’esprit et la tradition des ateliers (Bottega) de la renaissance italienne.

Patrick Sandrin - réalisateur

2022

2022

SAMEDI 10 & DIMANCHE 11 SEPTEMBRE 2022
Elie Rojas | Le monde magique d'Elie Rojas

J’ai découvert assez tard l’exceptionnel travail d’Elie Rojas qui était pourtant si proche géographiquement du 5 Bd de Belleville, adresse que je fréquente depuis des décennies. Et donc si proche d’amis, les Ruiz-Sarmiento*.

Quelques mètres de trottoirs, distance qui relie un même destin, celui des nombreux intellectuels et d’artistes chiliens dont le 11 septembre 1973 fut la date du départ et de l’exil.

Un soir récent de dîner chilien au 5 bd de Belleville, la nuit se prolonge au 7, et je découvre avec une certaine émotion l’antre d’Elie Rojas et de son compagnon de toujours, le poète Valdo Rojas, et ses collages. Tous sont pliés, rangés dans des boites pour les plus petits formats, ou enroulé par sujets sur des dizaines de rouleaux, ils sont là, à côté d’un bureau, d’une bibliothèque, sous un canapé, à deux pas d’une cuisine, des centaines d’œuvres sont là, la plupart en format Kakémono, métaphore du territoire Chilien.

Car c’est bien le Chili qui hante son travail, imaginaire Chili, celui rêvé, et encore inconnu par partie, le Chili symbolique marqué par l’HISTOIRE et sa mythologie, et ce réel qui continue à frapper et à scander la petite histoire d’Elie.

 

Le réalisme magique qu'expérimente Elie Rojas fait coexister divers genres et juxtapose, de manière ludique, cadre historique et géographique avéré, références socio-culturelles vraisemblables et motifs surnaturels. Elle transfigure la réalité par l'allégorie, l'imaginaire règne et l’âme vole sur l’Océan Pacifique, le désert d’Atacama, la Cordillère et tous ces paysages laissés inachevés par la main du créateur dit Alejo Carpentier pour décrire l’Amazonie, mais elle revient toujours à Santiago.

Le travail d’Elie Rojas est à l'intersection du poétique et du politique, qu’elle transgresse très librement, à la manière des surréalistes mais sans que l’on puisse la rattacher à ce mouvement.

Cette somme considérable de collages, de tissus, est un journal intime et un carnet de voyage, une œuvre narrative et figurative.

Proche de l’art brut, cette plasticienne érudite se joue des conventions, elle habite un monde en exil fait de matériaux qu’elle trouve dans cet ailleurs qu’elle habite, ce sont ses bouts de tissus glanés ici et là qui convoquent son monde, interpellent ses fantasmes et ses rêves.

Merci chère Elie de venir accrocher ton monde magique dans mon île, un dialogue s’établira, car ils sont faits pour se rencontrer, et peut-être nous faire découvrir ce qu'il y a de mystérieux dans les choses, la vie et les actions humaines.

 

 

Patrick Sandrin

Producteur/réalisateur

 

 

* J’ai produit 4 films de Valéria Sarmiento, nous avons tourné Amélia Lopez O’Neil au Chili, La planète des enfants à Cuba, et ELLE à Sofia. Nous venons de terminer Traces, un documentaire sur la « mémoire corporelle » de la torture et sa transmission à travers les générations.

SAMEDI 28 & DIMANCHE 29 MAI 2022
Carole Quettier | Daniel Dobbels - Quelle ombre sort de la nuit?

L’histoire a besoin de faits, de dates, de rituels, nous avons donc imaginé une programmation pour ce moment. Deux jours de mouvements pour les corps, l’esprit et les images, avec les puissances poétiques et musicales, de Coltrane, Schönberg et Dylan dansées par Carole Quettier, chorégraphiées par Carole Quettier et Daniel Dobbels. Ces sessions ont été scandées par quelques interventions oratoires de Daniel Dobbels.

Patrick Sandrin